CONTAMINAME #02
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POINT DE VUE
Suite à notre première intervention sur la peau du quartier de San Augustin nous avons commencé à creuser cette surface et à sonder son territoire. En continuant à interroger les habitants sur les points d’énergie à l’intérieur de leur habitat et de leur propre corps nous cherchions à leur faire prendre conscience de leur géographie personnelle.
Traverser ces espaces intimes nous a naturellement conduit non pas dans les profondeurs mais plutôt à prendre de la hauteur : c’est en arrivant aux appartements les plus hauts que nous avons eu envie de monter sur les toits accompagnées d’habitants volontaires et de découvrir avec eux un point de vue inhabituel sur leur ville. Nous passions symboliquement de l’épiderme au spirituel.
Puis l’idée nous est venue de faire bouger ces différents points de vue et de se les échanger en déplacement non pas le corps mais la voix des habitants d’un toit d’immeuble à un autre :

Ci-dessus, à gauche : La vue d’avion de la Ceiba. À droite : Notre schéma d’action.
Nous avons sélectionné 12 immeubles positionnés à la périphérie de la Ceiba, place publique et spirituelle circulaire que la parole des habitant a révélé comme l’une des plus énergétiques du quartier.
Puis nous nous avons divisé ces 12 immeubles en 4 groupes : jaune, rouge, vert et bleu.
À l’intérieur d’un même groupe (et en procédant groupe par groupe) nous avons déplacé le point de vue de chaque immeuble en interrogeant tout d’abord un habitant de l’immeuble n°1 sur le toit de celui-ci, puis en faisant écouter ses paroles à un habitant de l’immeuble n°2, avant de transmettre à un habitant de l’immeuble n°3 ce que venait de nous dire celui de l’immeuble n°2.
Par ce dispositif nous permettions à des habitants de découvrir par le son ce que leur voisin voyait de son toit et qui n’appartenait qu’à lui puisque chaque point de vue est personnel et unique.
Après chaque interview, nous appliquions un rond de la couleur correspondante sur un des tanks d’eau qui se trouvent sur les toits des immeubles afin qu’ils soient repérables depuis la Ceiba.
Nous avons répété l’expérience à l’identique pour chaque groupe d’immeubles.
Au final, vous avons tracé à la peinture, sur le sol de la Ceiba le réseau humain ainsi créé.

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POINTS DE SUSPENSION
Ce qui n’était au début que des palets en bois colorés qui nous permettaient de marquer le déplacement physique des habitants à l’intérieur de leur quartier, est devenu par la suite un véritable rhyzome. Nous souhaitons que cette rencontre avec le territoire de San Agustin ne soit que le premier épisode d’une histoire que nous continuerons à construire aux cotés des habitants. Le point n’est donc pas final.
CONTAMINAME #01

Séverine Bruneton (artiste plasticienne) et moi-même sommes parties à la rencontre du centre artistique LASA (Laboratorio Artistico de San Agustin), à Cuba. Une immersion de 2 semaines dans ce quartier périphérique de la Havane nous a permis d’y amorcer une réflexion sur le thème du toucher autour duquel le LASA se questionne aujourd’hui au travers de multiples installations artistiques en espace public.
Habitants éphémères de San Agustin, la ville est alors devenue notre surface de jeu et un épiderme sensible sur lequel notre présence étrange et étrangère est venue s’imprimer tel un parasite. Le gang des ‘contaminatrices’ que nous avons constitué avec l’aide de Danai et Daphné, s’est ainsi amusé pendant plusieurs jours à envahir San Agustin de ronds colorés, propageant une épidémie joyeuse et féminine à travers le quartier.

Ci-dessus une vue microscopique de la propagation du virus dans le quartier de San Agustin.
POINT DE FOCALE
La disposition de ces points colorés a été réfléchie en amont en fonction des lieux que nous souhaitions mettre en valeur, des détails du quotidien que nous voulions souligner pour offrir aux habitants un nouveau point de vue sur leur ville.
POINTS D’INTERVENTION
L’utilisation des couleurs primaires fait écho aux couleurs vives des vêtements des habitants et des voitures qui circulent à travers la ville. Ces tampons nous permettaient de tracer leurs déplacements tout en marquant notre passage et nos interventions.
POINTS DE RENCONTRE
Ce dispositif est vite devenu notre langage commun et notre monnaie d’échange avec l’habitant, tout autant qu’un prétexte pour les faire parler de leur territoire tant géographique qu’intime.
POINTS D’ÉNERGIE
En parallèle de l’intervention, nous avons interrogé les habitants sur l’endroit à San Agustin qui dégageait selon eux le plus d’énergie, mais aussi sur leur propre corps, et à quelle couleur ils associaient ce point d’énergie. En fonction de leurs réponses, nous imprimions un point de couleur sur la partie du corps qu’il nous indiquait.



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